LE SERMON DU CŒUR AU ROUGE
Les écueils de nos amours viennent de nous,
de nos propres naufrages !
De notre peur de l'attachement, de notre narcissisme,
de notre amour propre malade !
Non de l'amour : désintéressé et nu,
de l'autre, pour ce qu'il est,
et ce qu'il réveille en nous, que nous n'aurions jamais créés seuls.
L'amour, dans le puéril romantisme, ne fut
qu'un refuge égotique :
un havre de confort et de certitudes,
un miroir doré pour préserver le moi.
Non !
L'amour n'a de devoir qu'envers lui.
C'est l'Âme pure qui fait ruisseler le calice
dans les tripes enchaînées de ses passions,
dans un appel à la dépouille
révélant sa brûlure la plus martyrisante.
Ici est l'amant, l'aimant, l'éternel :
celui qui aime plus que soi,
celui qui finit par trouver
l'ombre et sa lumière
dans les profondeurs du divin :
l'androgyne, et alter ego ultime...
On se pense bancals, incomplets ;
nous ne sommes que lâches et inaccomplis.
On cherche l'autre comme un double,
une image cristallisée,
que l'on prend en otage pour combler sa béance.
Pourtant, la vérité se tient debout,
à ma manière, comme une offrande :
les reins ceints, l'esprit circoncis,
et le cœur, chaque instant, écorché.
THE SERMON OF THE BURNING HEART
The reefs of our loves come from within us,
from our own shipwrecks!
From our fear of attachment, our narcissism,
our diseased self-love!
Not from love: disinterested and bare,
of the other, for what they are,
and what they awaken in us, that we would never have created alone.
Love, in its childish romanticism, was
nothing but an egotistical refuge:
a haven of comfort and certainties,
a gilded mirror to preserve the self.
No!
Love owes duty to itself alone.
It is the pure Soul that makes the chalice overflow
through the chained bowels of its passions,
in a call to the stripped self
revealing its most martyrising burn.
Here is the lover, the magnet, the eternal:
one who loves beyond oneself,
one who ultimately finds
shadow and its light
in the depths of the divine:
the androgyne, and ultimate alter ego...
We think ourselves lopsided, incomplete;
we are merely cowards and unfulfilled.
We seek the other like a double,
a crystallised image,
held hostage to fill our own void.
Yet truth stands upright,
in my own way, like an offering:
loins girded, spirit circumcised,
and the heart, at every instant, flayed.

