T'EFFLEURER

Je ne t'ai vu que quelques instants... Je ne te connais pas.

À chaque fois, mon esprit s'abîme à résoudre ton énigme.

Alors, je plonge dans des mondes inconnus,

mondes qui n'ont de sens que pour les déraisonnables :

ceux qui ne creusent pas les mines pour l'or,

mais meurent chaque jour un peu pour tailler le ciel de sa lumière.

Je te vois te mouvoir avec la grâce féline d'une femme qui s'assure,

et la douceur avec laquelle les simples accordent les cœurs.

Je ne cherche pas ces liens qui enchaînent,

ni les promesses des autels qui trahissent...

Je voudrais seulement te tenir la main,

sur ce chemin que le ciel a tracé pour nous,

qu'il dure un instant, un moment, ou une éternité,

sans jamais oublier que celui qui aime

rend grâce d'abord à la liberté.

Un sentiment intime me prend, tel un aveu :

je suis là où je dois être, dans le temps et dans l'espace.

Si tu es la Terre, je suis la Lune ;

et si je suis un trou noir, tu es une galaxie.

Tu n'es pas la contradiction de ceux qui s'ignorent.

Tu brilles comme un paradoxe se résolvant de lui-même,

dans une science inconnue des hommes,

tel un mystère et sa solution, au même instant.

Tu es un moment toujours en mouvement.

Tu es la vague et le calme de l'océan,

la lame des profondeurs insoupçonnées

qui fait chavirer les vieux marins.

Tu sembles être l'instant où la lumière du soleil

éclaire déjà la Terre,

quand ses rayons percent à peine les vallées

pour leur donner un sens.

Tu es le croissant de lune

qui accueille l'enfant du ciel,

la brume dissimulant les richesses de la terre

avant que les vents ne se lèvent.

Tu es le chant de la rivière,

celui des torrents d'où jaillissent les sources qui donnent vie !

Tu me fascines, tel un enfant oublié depuis longtemps,

dans la pudeur d'une âme qui ne savait plus brûler,

dans la timidité d'un verbe

n'effleurant que l'idée de te dévoiler.



TO BARELY TOUCH YOU

I have seen you only a few instants... I do not know you.

Each time, my mind sinks trying to resolve your enigma.

So I plunge into unknown worlds,

worlds that make sense only to the unreasonable:

those who do not dig mines for gold,

but die a little each day to sculpt the sky of its own light.

I watch you move with the feline grace of a woman certain of herself,

and the gentleness with which the simple-hearted attune hearts.

I seek not those bonds that chain,

nor the promises of altars that betray...

I would only want to hold your hand,

on this path that heaven has traced for us,

whether it lasts an instant, a moment, or an eternity,

never forgetting that one who loves

gives thanks above all to freedom.

An intimate feeling takes hold of me, like a confession:

I am where I am meant to be, in time and in space.

If you are the Earth, I am the Moon;

and if I am a black hole, you are a galaxy.

You are not the contradiction of those who ignore one another.

You shine like a paradox resolving itself,

in a science unknown to men,

like a mystery and its solution, at the very same instant.

You are a moment always in motion.

You are the wave and the calm of the ocean,

the blade from unsuspected depths

that capsizes old sailors.

You seem to be the instant when sunlight

already illuminates the Earth,

when its rays barely pierce the valleys

to give them meaning.

You are the crescent moon

welcoming the child of the sky,

the mist concealing the riches of the earth

before the winds rise.

You are the song of the river,

the song of the torrents from which spring the sources that give life!

You fascinate me, like a long-forgotten child,

in the modesty of a soul that no longer knew how to burn,

in the shyness of a verb

barely grazing the idea of revealing you.