AVANT QUE...

Avant que nos nuits ne soient crues,

que l'ombre des étoiles ne couvre plus nos maux,

que la lumière vorace des phares

se perde dans l'agitation,

reste encore un temps

pour la lune, malgré ses nuages.

Que les vents soufflent,

que les ailes des corbeaux s'éveillent

et balaient les cieux,

dissipent les poussières

blessant les yeux des hommes,

à ces jours corrompus

par l'or des écrans.

Et qu'en lui s'évanouissent

les paillettes de la rosée de Dieu...

Alors,

le matin ne sera plus une saison,

et l'heure bleue n'incarnera que la gêne monstrueuse

du tungstène qui ne trouve jamais sa juste lueur,

trop faible ou trop forte

pour leurs yeux malades,

faisant en leurs âmes

l'ultime folie humaine...



BEFORE...

Before our nights grow raw,

before the shadow of the stars no longer covers our ills,

before the voracious light of headlights

is lost in the tumult,

remain a while longer

for the moon, despite its clouds.

Let the winds blow,

let the wings of crows awaken

and sweep the skies,

dispel the dusts

wounding the eyes of men,

in these days corrupted

by the gold of screens.

And let dissolve within them

the sequins of God's dew...

Then,

morning will no longer be a season,

and the blue hour will embody only the monstrous discomfort

of tungsten that never finds its right glow,

too faint or too fierce

for their sick eyes,

working in their souls

the ultimate human madness...