AMOUR ?

Souvent, on croise des êtres

qui croient mériter d'être aimés

dans leurs inconséquences,

qui exigent,

au nom d'une croix,

le sacrifice qu'eux ne feront jamais.

On grimace,

on se ment,

on se joue,

on se regarde,

on s'expose,

mais tout cela n'est que vain

et vanité.

L'amour,

c'est la foi et le courage

de s'oublier,

de perdre la raison,

d'en faire éclater le cœur,

d'en dissoudre les viscères.

C'est ce sacrifice total :

mourir assez

pour laisser entrer

la folie d'un autre dans son cœur,

lui donner les clefs

et la possibilité de nous tuer,

pour que l'on flirte inconsciemment

avec des lumières qui brûlent,

que personne ne comprend

et que tout le monde profane !

On ne se cache pas dans l'amour.

On saigne

entre le brigand et le soldat,

en crevant de l'Âme

le ciel du Golgotha !

On se consume comme un soleil

à son dernier zénith !

On ne triche pas !

On sèche son ego,

sans jamais étancher

les soifs de nos vanités,

sous l'astre qui nous brûle la langue,

à faire taire nos vaines certitudes

et les négociations sans trêve

de nos irresponsabilités.

L'amour est une croix

devant laquelle tout le monde prie,

mais où personne ne se cloue !

Lâches devant l'inéluctable sacrifice

et la folie d'y croire sans retour,

les hommes ne font que grimacer,

qu'un pari stérile

et perdu d'avance,

interdisant dès le prémisse

la résurrection,

incapables de faire cesser le chantage.

L'amour ne transige pas,

il est ou il n'est pas.

Le reste n'est

qu'accommodations mensongères !

Le cœur brûle,

enflammant la raison,

n'en laissant que les cendres

dans lesquelles seul l'élu

pourra trouver

le prochain envol.

Toujours ivres,

les hommes blasphèment

leur propre existence céleste,

et traînent encore leurs lâchetés

dans les poussières de la chute.

Ils ignorent encore

cette force implacable

qui tient nos univers

et tend douloureusement

le fil de nos âmes,

pour qu'elles résonnent dans le vide,

bien trop occupés à entasser,

dans le vacarme,

leur or dans des tombes !

L'homme est bien trop occupé

à vénérer son cadavre

dans le reflet du Narcisse,

et à agiter dans ses nuits

les chaînes constellées

d'un ciel sans Vénus.

Il se perd dans les possibles,

incapable de saisir

l'odeur de sa propre rose,

jalousant les parfums de l'autre

comme un voleur,

oubliant qu'il est roi

de son propre royaume !



LOVE?

Often, we cross beings

who believe they deserve to be loved

in their inconsistencies,

who demand,

in the name of a cross,

the sacrifice they will never make.

One grimaces,

one lies,

one plays games,

one watches,

one exposes oneself,

but all of this is merely vain

and vanity.

Love

is the faith and courage

to forget oneself,

to lose all reason,

to shatter the heart with it,

to dissolve the viscera.

It is this total sacrifice:

dying enough

to let

another's madness into one's heart,

giving them the keys

and the possibility of destroying us,

that we might unknowingly flirt

with lights that burn,

which no one understands

and everyone profanes!

One does not hide in love.

One bleeds

between the brigand and the soldier,

the soul piercing

the sky of Golgotha!

One burns like a sun

at its final zenith!

One does not cheat!

One dries out one's ego,

without ever quenching

the thirst of our vanities,

beneath the star that scorches our tongue,

silencing our vain certainties

and the ceaseless negotiations

of our irresponsibilities.

Love is a cross

before which everyone kneels,

but upon which no one is nailed!

Cowards before the inevitable sacrifice

and the madness of believing in it without return,

men do nothing but grimace,

make a sterile wager

lost from the start,

forbidding from the very outset

the resurrection,

incapable of ending the blackmail.

Love does not bargain,

it either is or it is not.

The rest is nothing

but lying accommodations!

The heart burns,

setting reason aflame,

leaving only ashes

in which the chosen alone

will find

the next flight.

Always drunk,

men blaspheme

their own celestial existence,

and still drag their cowardice

through the dust of the fall.

They still do not know

this implacable force

that holds our universes together

and painfully stretches

the thread of our souls,

that they may resonate in the void,

far too occupied with piling up,

in the clamour,

their gold in tombs!

Man is far too busy

venerating his own corpse

in the reflection of Narcissus,

and stirring in his nights

the constellation-studded chains

of a sky without Venus.

He loses himself in possibilities,

incapable of grasping

the scent of his own rose,

jealous of another's perfume

like a thief,

forgetting that he is king

of his own kingdom!